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L'AVOCAT
DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES POUR : |
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La réforme urgente de la procédure pénale par
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la présence de l’avocat dès
le début de la garde à vue
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l’instauration de l’enregistrement
des interrogatoires pendant la garde à vue
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la suppression de l’obligation de dénonciation
des avocats
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le renforcement des droits de la défense
L’affaire Outreau a révélé les carences toujours
plus grandes de notre procédure pénale, malgré les multiples
réformes et rapports successifs.
Ce constat de nécessaire réforme fut conforté par
les expériences respectives des intervenants de ma réunion de campagne
du 11 octobre : nos consœurs et confrères, Henri Leclerc, Basile
Ader, Cyril Bonan, Françoise Cotta, Eric Dezeuze, Kami Haeri, Martine Malimbaum
et Nicole Milhaud.
Si le chantier de la réforme globale de la procédure pénale
doit être entrepris, la culture des juges et les échéances
électorales prochaines créent un contexte peu propice à la
remise à plat complète du système pénal que les avocats
et les citoyens informés appellent pourtant de leurs vœux depuis de
très nombreuses années.
Pour être pragmatique, l’Ordre peut proposer une réforme
immédiate sur quatre points clés.
la présence de l’avocat dès le début
de la garde à vue
La présence de l’avocat dès le début de la garde
à vue, sans aucune exception, doit être une obligation. L’Espagne
post-franquiste l’a instituée dès 1979, même en matière
de terrorisme, alors que le Parlement français est en train de réinstaurer
une garde à vue de six jours (comme au temps de la Cour de sûreté
de l’Etat, abolie il y a vingt-cinq ans) sans intervention d’un avocat
avant la soixante-douzième heure. La Cour de Strasbourg condamnera la France
un jour ou l’autre si cette réforme est adoptée.
Faut-il rappeler qu’un gardé à vue n’est pas nécessairement
un coupable ?
l’instauration de l’enregistrement des interrogatoires
pendant la garde à vue
L’enregistrement des interrogatoires pendant la garde à vue est
indispensable : depuis 30 ans, la justice canadienne est habituée à
l’enregistrement de tous les interrogatoires et de tous les débats
en salle d’audience.
la suppression de l’obligation de dénonciation
des avocats
L’obligation de dénonciation pesant sur les avocats, sa suppression
complète est une impérieuse nécessité démocratique.
La C.I.B. avait eu à s’insurger, voici vingt ans, contre l’obligation
faite aux avocats camerounais de tenir un registre à la disposition des
autorités sur lequel figureraient le nom de leurs clients, l’objet
de leur consultation et la date des rendez-vous. Le règlement des avocats
du barreau de Pékin, il y a quinze ans, obligeait l’avocat à
ne rencontrer son client en détention qu’en présence d’un
gardien et de tenir procès-verbal de ses déclarations. Comment pouvons-nous
prétendre être la patrie des droits de l’homme et accepter
une législation aussi contraire aux principes fondamentaux ? Comment
pouvons-nous accepter la loi nouvelle réglementant les perquisitions chez
le bâtonnier ?
le renforcement des droits de la défense
Le renforcement des droits de la défense s’impose, notamment par
l’instauration d’un véritable droit aux contre-expertises,
aux auditions ou aux confrontations sollicitées par l’avocat.
Ces quatre points-clés urgents pourraient faire l'objet, non pas
d'un nouveau rapport qui rejoindrait les autres rapports oubliés, mais
d'un projet d'amendement avec un exposé sommaire d'explication. Remis à
nos confrères parlementaires, ce texte pourrait alors être débattu
utilement au Parlement.
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